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Séminaire de recherche "Les réseaux personnels"

08-12-16

La dernière séance du séminaire de recherche du laboratoire Les Afriques dans le monde (LAM) aura lieu le jeudi 8 décembre 2016.
Ce séminaire se déroulera à la Maison des Suds et commencera à 14h30.

Comme à l’accoutumée nous pensions vous retrouver vers 13h00 à la salle des Stages de la Maison des Suds pour pouvoir déjeuner ensemble (le repas ne sera pas fourni, pensez à apporter vos sandwichs).

Pour rappel, voici la présentation du thème que nous allons discuter pour cette séance

"Les réseaux personnels"
Pour la troisième séance de notre séminaire de recherche, nous nous intéresserons à la notion de réseau personnel/réseau social. Ce terme connaît aujourd’hui un véritable engouement puisqu’avec développement de moyens modernes de télécommunication, de plus en plus d’individus se pensent en réseau. Le même attrait se retrouve dans le monde scientifique, et notamment dans le domaine des sciences sociales qui depuis quelques décennies redécouvrent une notion qui avait été notamment utilisée dès les années 1950 par l’anthropologue britannique, John A. Barnes, pour rendre compte des chaînes d’interconnaissance plus ou moins longues qui relient les habitants d’une petite île norvégienne entre eux, mais aussi avec le reste du monde. Cette récente redécouverte est notamment liée aux apports de la formalisation mathématique qui comme la théorie des graphes permettent de représenter ces réseaux.

Ces études permettent d’une part de rappeler que les individus ne sont pas des acteurs isolés qui agiraient en fonction d’une volonté forgée en toute autonomie, mais au contraire qu’ils sont pris dans un tissu de relations régulières qu’ils tissent au quotidien avec les personnes qui les entourent (famille, voisins, collègue ou relation d’affaire, relations amoureuses, vagues connaissances). Elles montrent surtout que les relations interpersonnelles ordinaires produisent des effets, et qu’elles jouent en fin de compte un rôle important sur les activés économiques (insertion professionnelle, accès au crédit, etc.), dans la formation de mouvements sociaux et plus largement l’activité politique. Cependant, si les caractéristiques relationnelles aident à comprendre les pratiques des individus, comment est-il pertinent d’appréhender les relations sociales concrètes qui se tissent entre les individus ?

Tiré de l’ouvrage La vie en réseau. Dynamique des relations sociales de Claire Bidart, Alain Degenne et Michel Grossetti, ce texte rappelle que l’étude des dynamiques relationnelles des personnes est une piste de recherche importante pour comprendre les pratiques des individus, et cela au même titre que l’étude des caractéristiques sociales (âge, sexe, classe sociale, niveau de formation) généralement mobilisée. Il fournit surtout des précisions sur ce qu’il faut entendre par réseau social, soulignant que toute interaction ne débouche pas forcément sur la constitution de réseaux personnels.

Parce que cette notion est au coeur des préoccupations des économistes, cette séance donnera notamment la parole à trois économistes qui travaillent aussi bien sur l’Afrique que l’Amérique latine. Une historienne partagera avec nous également ses réflexions et nous expliquera comment elle mobilise cette notion pour comprendre le recrutement des secrétaires généraux de l’organisation de l’unité africaine de 1964 à 2003.

Intervenant(e)s :

- Berrou Jean-Philippe, maître de conférences en sciences économiques (Sciences Po Bordeaux-LAM)
- Deguilhem Thibaud , doctorant en économie appliquée (GREThA-Bordeaux),
- Gomez-Cardona Santiago, doctorant en économie à l’Université de Los Andes (Colombie)
- Okomo Nyamat Vanessa, doctorante en histoire au LAM (Bordeaux 3)